Mon esprit m’appartient-il ?

Les albums photos de mes parents ne montrent que ma nuque penchée au-dessus d’un Jalna ou d’un Club des Cinq. Ma sœur m’a récemment offert une tasse portant l’inscription Chuuut, je lis ! Elle me l’a tendue en précisant que ce cadeau était un souvenir de toutes nos années d’enfance où elle aurait bien voulu jouer à la Barbie et où je répondais invariablement « Chuuut… »

J’ai toujours aimé lire. Il paraît que c’est un atout pour l’écriture. Ca tombe bien. William Faulkner a écrit, “Read, read, read. Read everything—trash, classics, good and bad, and see how they do it. » Même sans être un as en anglais, on comprend l’esprit.

Quand mes enfants étaient des bébés exigeants et râleurs, je disposais de moins de temps pour lire. J’en garde le souvenir d’une période où l’imagination était comme bloquée, submergée par les calculs de mesures de lait en poudre et l’attention débridée fournie envers les jeunes inconscients qui ondulaient à quatre pattes sur la moquette du salon. Progressivement, ils ont lâché ma main, trouvé des copains, connu les joies du tennis, les hourras du foot, la longueur du parcours scolaire (faites attention à ne jamais répondre à la question fatale du petitou qui franchit pour la première fois la porte de l’école maternelle, ses yeux confiants plongés dans les vôtres : On va y retourner demain? Oooooooh oui, et aussi les 3000 jours qui suivront – calcul sur une base approximative de 200 jours annuels pendant 15 ans jusqu’au bac !)

Ils ont leur vie, connaissent des aventures, s’exilent, reviennent, produisent du linge sale, ne le lavent pas, espèrent des gâteaux, téléphonent au milieu d’une réunion pour annoncer qu’ils sont bien arrivés mais qu’ils ont oublié les draps (oui, qu’est ce que j’y peux ?!).

Et ils sont toujours là, postés au milieu de mon imagination.

 

Après le permis, le stage…

Ah qu’il est loin le temps où le vrai souci était la couleur du protège-cahier…

Le graal de l’étudiant moderne, c’est le stage. Rémunéré, maman.

Trouve-le déjà et on verra la suite.

Il passe par la maison avant son entretien. J’ai annulé tous mes engagements pour l’accueillir et le motiver mais je ne lui fais pas remarquer, histoire de ne pas lui mettre la pression. Il enfile une veste de costume, il est tout beau, le rendez-vous est dans une heure. Laaarge. Il prendrait volontiers un petit casse-croûte Nutella avant de partir. Oui mais si jamais tu te taches…je le pense mais me garde bien de l’exprimer à voix haute. J’ai le dos tourné, j’attends le ploc du chocolat dégoulinant sur la chemise propre et repassée. Faux, c’est bien une habitude d’écrivain d’imaginer des bruits pour imager une scène. Non, quand je me retourne, Il a saisi une éponge et étale laborieusement la tâche de gras sur la manche du costume ( la partie qui ne passe pas en machine et que nous ne possédons pas en double ). Il reste souriant: ça va sécher.

Le rendez-vous est à 17 h. Dans trente minutes.

-Tu devrais pas y aller, là ?

Ouais, ouais, juste le temps de chercher l’adresse. Quoi, tu n’as pas …?? Zen , respiration par la bouche.

Vingt minutes avant l’heure H, il glisse sa longue silhouette au volant de la clio (oui, dans cette histoire, on l’a encore !) et démarre. Je me rue sur l’actualité de la circulation du périph nantais. 16h40, ça bloque déjà, j’en suis certaine. Et s’il avait un accident, une crevaison…

Il est un peu tôt mais je pourrais peut-être m’autoriser un petit verre de vin, ou de vodka,….vibration de téléphone…Mam, t’as pas l’adresse exacte ?  ( je l’ai imprimée en format A3 et placardée sur le réfrigérateur) Peut-être que je devrais passer au lexomil ?

17h03. Peut-être qu’il y est. Peut-être qu’il est dans un square, une barrette de shit à la main. Peut-être qu’il va abandonner ses études…

Un message s’affiche : suis bien arrivé, t’inquiète. Je te connais, tu dois être au bord de l’infarctus.

Quelle mauvaise foi !

 

 

Intervention auprès de collégiens

scan couv

Présentation de C’est quoi ton stage ? auprès de deux classes de troisième dans un collège de la région nantaise en quelques questions :

  • Est-ce que vous aviez imaginé une autre fin pour le roman ? ( ou comment semer le doute dans mon esprit : la fin serait-elle inadaptée ?!!)
  • Pourquoi vous avez mis une histoire d’amour alors que c’est pas le thème principal ? (parce que l’amour mène le monde, kiddo !)
  • Est-ce qu’il faut mettre quelque chose de soi quand on écrit ? Là, on a réfléchi ensemble…
  • Vous avez mis combien de temps à écrire ?
  • Pourquoi le héros s’appelle Pierre ?
  • Est-ce que c’est votre histoire ? Comment vient l’inspiration ?
  • Est-ce qu’être écrivain, c’est comme vous pensiez ?  J’adore, j’adore. Ils des questions super pertinentes : non, pas comme je pensais, mieux !

 

L’histoire entre nous n’est pas terminée

Couv l'histoire entre nous...

Mon nouveau roman, L’histoire entre nous n’est pas terminée, est paru aux Editions Chloé des Lys.

Nina vit à Quiberon, près de la Côte Sauvage. Elle a un amour secret. Une copine excentrique. Un petit frère craquant. Et une mère malade. Dans ce livre, sa voix se mêle à celle de sa mère dans un dialogue d’amour.

Premiers lecteurs, premiers commentaires :

« J’ai couru d’une page à l’autre. J’ai pleuré. J’ai été émue par la rage salutaire de Nina et par l’adorable Quentin que tout le monde aimerait avoir mis au monde. J’ai envié Marine et son amour. » – Catherine-

« Quelle justesse ! Je suis restée scotchée …. Je suis passée par une palette d’émotions et de sentiments. Quelle belle histoire d’amour ou plutôt quelles belles histoires d’amour.
Au fur et à mesure que j’avançais dans le livre, je me disais que ce serait difficile de quitter les personnages …. Et puis quelques pages avant la fin une sorte de sérénité s’est imposée.
En transmettant à Quentin ses yeux, à Nina son « âme », Marine ne les laissait pas en chemin, elle restait à leur côté …. Et plus tard lorsque le père à son tour transmet à chacun de ses enfants une part de leur histoire familiale alors le livre pouvait se fermer …. tout était achevé et en même temps tout pouvait continuer …. Les pages restant à écrire sur le carnet en sont le témoin. On en oublie la mort ….
A côté de cette profondeur, j’ai aimé ce quotidien qui nous empêche de sombrer dans le pathos, nous fait parfois sourire, et comme dans les montagnes russes apporte une sorte d’entre deux « – Maryvonne –

« Merci pour cette belle histoire d’amour, car c’est bien de cela qu’il s’agit » – Michel-

« C’est une belle histoire d’amour, une histoire forte traitée avec beaucoup de pudeur, une construction qui rythme le récit entre humour et émotion. Allez vite à la rencontre de Nina ! » Fabienne

Pour commander ( 10 euros) :

Editions chloé des lys

chapitre.com

Vous pouvez aussi m’adresser un message dans la rubrique contact. C’est avec plaisir que je vous enverrai un exemplaire dédicacé.

25, 26 et 27 septembre, la Balade des Ateliers de Chantenay

001plan balade ateliers de chantenay 001

Je serai installée 2 rue du Chevalier Thiercelin, à l’Atelier des Cimes, un atelier d’artistes avec une vue époustouflante sur la Loire et la Cantine du Voyage, en compagnie d’Isabelle Esmenjaud, artiste-peintre et de Maxime Urvoy qui exposera des bijoux en argent.

Nous vous accueillerons avec plaisir le vendredi 25 septembre de 17h à 20h, les samedi 26 et dimanche 27 de 11h à 20h.

Balade des Ateliers de Chantenay

Tu sais que tes enfants ont le permis quand…

WP_000108 Ton assurance auto a augmenté de 150 %,

– Tu as besoin des deux mains pour desserrer le frein à main le lundi matin en retrouvant la Clio (que tu auras auparavant cherchée dans les rues alentour puisque ce n’est pas toi qui l’a garée la dernière fois…),

– La Clio est garée super réglo le long du trottoir ou en « bataille avant » comme ils ont appris à l’auto-école,

– Tu mets le contact et FUN RADIO est réglée sur volume 18,

– Le siège est reculé au maximum, tu ne vois plus que le ciel dans les rétros,

– La jauge d’essence est descendue brutalement,

– Bizarrement, toutes les soirées ont lieu en pleine campagne, au beau milieu de l’hiver, sous la pluie,

– Et donc, au lieu de passer les samedi soirs tranquillement affalée dans le canapé, tu les passes à l’église à allumer des cierges en priant pour qu’il revienne entier,

– Ton fils t’explique, après moult détours et avec beaucoup de gentillesse dans le regard, que le porte-clés rose à pois gris, ça va plus être possible, maintenant que vous avez une voiture commune…

Des années d’éducation…..

L’Aîné s’est lancé dans la préparation d’une pizza home-made. Il roule la boule de pâte entre ses doigts, disperse la farine moitié sur le plan de travail moitié sur le sol, étale la sauce tomate, dessine une rosace avec les rondelles de chorizo – tu vois, tu fais tout trop vite, maman. C’est plus joli comme ça – Il enfourne le plat et …s’installe devant la télévision.

Je passe par là environ 20 minutes plus tard : Heu, t’as pas un truc dans le four toi ?

Il se lève d’un bond et se précipite dans la cuisine.

Ah la la, elle est cramée de sa mère !

Suivi du commentaire du Cadet:

Ouais, en plus, la pâte, elle est chelou.

Ah, qu’en termes galants, ces choses-là sont mises.*

*Molière – le Misanthrope

J’ai testé pour vous : un week-end en 50 nuances (Tome 2)

fifty-shades-tome-2-cinquante-nuances-plus-sombres-de-e-l-james-925277473_ML

Samedi matin, le réfrigérateur est vide. L’Homme fronce les sourcils -il est si beau dans sa chemise blanche amidonnée, dans son polo informe du week-end – et gronde:

-Tu dois manger ! (véridique voir pages 19, 36, 57, 73 etc…)

Il est telleeeement bossy !

Nous montons dans l’Audi décapotable dernier cri qu’il a tenu à m’offrir, dans la Clio version 1999. Il pose une main puissante sur le levier et passe la première.

Il est telleeeeement compétent ! (Véridique : voir page 22)

Dans le supermarché, la glace à la vanille est en promotion. Ca tombe bien…Si c’est pour l’étaler sur les mollets, autant ne pas la payer trop cher…

De retour à la maison, il est déjà 12h15. Les enfants réclament un déjeuner. Ils plongent dans les sacs : mais c’est quoi ces courses ? Où sont les hamburgers ? Nous n’avons choisi que des trucs liquides qui se lèchent ou du gingembre, ou encore des plats indiens very very spicy.

Tant pis, l’heure n’est pas aux steaks hachés. Nous bâillonnons les enfants devant la télévision et fonçons dans la chambre jouer avec la glace à la vanille. Ah, bébé, c’est si bon (véridique, voir pages 36,37,38,39,40,41,42,43,….240,241,242,…535,536,537…).

Bon, la crème glacée a coulé partout. Il faut enlever la housse de couette, la laver, la passer au sèche-linge, s’apercevoir qu’elle s’est roulée en boule et est mal séchée, recommencer le sèche-linge…Il est 17h, les enfants ont dévoré l’intégralité des chips et choco BN disponible dans le placard.

Et dire que c’est seulement le premier jour…